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GABRY AVOCAT
L’une des premières obligations du preneur consiste à exploiter personnellement les terres agricoles mises à sa disposition. En principe, la cession du bail rural doit être autorisée par le propriétaire ou à défaut par le tribunal paritaire des baux ruraux.
Marianne Gabry – 15 novembre 2025
Lorsqu’un bail rural est consenti à plusieurs preneurs (copreneurs) et que l’un d’eux cesse son activité sur l’exploitation, cela n’entraîne pas automatiquement la fin du bail. Le copreneur restant a la faculté, et non l’obligation, de demander la poursuite du bail à son seul nom. Encore faut-il respecter une procédure précise et savoir que, si le bailleur s’y oppose, un juge contrôlera strictement les conditions de cette poursuite du bail au nom du copreneur restant.
Tout d’abord, le législateur prévoit une procédure claire. Voici les principales étapes à respecter :
Cette procédure permet au preneur restant de préserver le bail rural à son profit, tout en offrant au bailleur la possibilité de contester sous conditions.
Si le bailleur s’oppose et qu’un juge doit trancher, celui-ci va examiner la demande. Le juge statue en considération des intérêts légitimes du bailleur, c’est-à-dire qu’il vérifie uniquement si le copreneur restant présente les garanties nécessaires pour assurer une exploitation correcte des terres louées et respecter ses obligations contractuelles. En effet, selon la Cour de cassation (arrêt du 26 septembre 2024, n° 23-12.967), le bailleur ne peut s’opposer à la poursuite du bail au nom du copreneur restant que s’il démontre que ce dernier ne présente pas les garanties voulues pour assurer la bonne exploitation du fonds. Autrement dit, le juge se fonde exclusivement sur la capacité du copreneur restant à exploiter le fonds dans de bonnes conditions (compétences agricoles, moyens techniques et financiers…) et à honorer les obligations du bail (paiement du fermage, entretien du bien, etc.).
Enfin, la situation de départ d’un des copreneurs peut générer des litiges complexes. Il est donc fortement conseillé de consulter un avocat en droit rural dès qu’un copreneur envisage de cesser son activité.
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